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Une communauté de communautés où tous sont acteurs de l’évangélisation

 

Le temps des paroisses serait-il fini, dépassé ? La pratique religieuse, en particulier le dimanche, se raréfie constamment. Pourtant l'Église n’est pas morte. Des propositions de prières voient le jour. De nouveaux groupes se forment, comptant parfois de nombreux jeunes : adoration eucharistique, pop-louange, dévotions aux saints… Or ces propositions auxquelles répondent les chrétiens d’aujourd’hui, débordent presque toujours du territoire paroissial à proprement parler. N’y-a-t-il pas une forme de délocalisation ?

Au vu de ce constat il est donc légitime de se demander : la paroisse est-elle encore viable dans sa forme actuelle ? Pour mieux répondre à cette interrogation, il faut commencer par se dire que, oui, la paroisse est importante pour l'Église. Saint Jean-Paul II disait : « la paroisse doit être perfectionnée et intégrée dans beaucoup d’autres formes, mais elle reste toujours un organisme indispensable… dans les structures visibles de l'Église ».

Notre paroisse Saint-Martin de la Seulles, n’est pas que le simple rassemblement de 23 clochers. Bien que « l’une des caractéristiques de la paroisse soit son enracinement là où les personnes vivent quotidiennement », il faut prendre conscience que « le territoire n’est plus seulement un espace géographique délimité, mais un contexte où chacun vit sa propre vie de relations, de service réciproque et de traditions anciennes ». Et dans ce contexte, l'Église tente de relever le défi de l’évangélisation. Tout le peuple de Dieu est convoqué par l'Esprit-Saint pour annoncer la Parole, et pour que le Seigneur puisse rejoindre le monde entier.

La paroisse n’est pas un ensemble de structures, mais une communauté de fidèles, accompagnée d’un “pasteur propre“. Le Pape François rappelle : « C’est l'Esprit-Saint qui convoque la communauté. C’est donc lui qu’il faut écouter en premier lieu, pour convertir notre être paroissial profond. (…) La paroisse a une grande plasticité, celle-ci peut prendre des formes très diverses. (…) Mais nous devons reconnaître que l’appel à la révision et au renouveau des paroisses n’a pas encore donné de fruits suffisants pour qu’elles soient encore plus proches des gens, qu’elles soient des lieux de communion vivante et de participation, et qu’elles s’orientent vers la mission ».

Pour faire évoluer la paroisse, avant de prétendre changer les structures, c’est à un renouvellement intérieur qu’il faut procéder. Les pasteurs, les curés, les chrétiens… doivent prendre conscience de l’urgence de cette conversion.

La foi du peuple de Dieu « est inséparable de la mémoire familiale et communautaire ». C’est donc bien « la communauté tout entière qui est le sujet responsable de la mission, du fait que l'Église ne se réduit pas à sa seule hiérarchie, mais se constitue comme Peuple de Dieu ». Le prêtre est « membre et serviteur du Peuple de Dieu qui lui a été confié » mais il « ne peut pas se substituer à lui ».

La paroisse a un énorme potentiel, elle est un géant endormi, dit le Père François Dedieu. Prenons donc soin de notre paroisse. Mais ne lui apportons pas que des soins palliatifs !

La conversion consiste avant tout à se tourner vers le Seigneur. Allons le célébrer, le rencontrer. Venons le visiter au tabernacle, dans les pauvres, dans sa Parole, et dans ses sacrements.

« Quand la paroisse regarde vers le Ciel, sa véritable patrie, Dieu l’envoie vers ce monde où elle demeure comme étrangère et de passage. Si l'Église existe pour évangéliser, la paroisse, qui en est le reflet local, existe [aussi] pour évangéliser ».

 

Frère Samuel