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Recherche la paix, poursuis-la  (Ps 33 (34), 15)

 

A l’eucharistie, immédiatement après avoir prié le Notre Père, le célébrant s’adresse à Dieu en ces termes : « Pour que ta volonté s’accomplisse, donne-lui toujours cette paix, et conduis-la vers l’unité parfaite ».

Quelle est cette paix ? Est-ce celle que tant de peuples réclament, alors que des conflits civils et militaires font mourir chaque jour des personnes innocentes ? La paix envisagée ainsi n’est pas autre chose qu’un état de vie dans lequel tout homme tente de créer une cohabitation pacifique avec ses voisins. Il en va comme d’un immeuble où différents corps de métiers conjuguent leurs talents pour édifier chaque étage. La moindre anicroche et tout l’édifice construit est fragilisé, rendu instable. Et c’est l’escalade des reproches, c’est à qui rejettera la faute sur l’autre. Exactement comme dans le récit de la chute d’Adam et Eve. « Ce n’est pas moi, c’est… » !

En effet l’homme est marqué par les conséquences du péché des origines, il demeure un être faible…et qui a des limites. L’Esprit est fort, mais la chair est faible, dit l’évangile.

Mais y a-t-il quelque chose qui puisse consolider nos relations ? La paix n’est-elle qu’un horizon fuyant et inaccessible ? Non, je ne crois pas.

Si nous reprenons l’image de l’immeuble en construction, la paix en est le soubassement. Pensons que la paix n’est pas ce vers quoi nous devons seulement tendre, comme un horizon presque inaccessible, la paix est à l’origine, elle est pierre de fondation. Elle était là avant que nous entreprenions quoi que ce soit. C’est pourquoi le psalmiste chante qu’il faut la rechercher et la poursuivre. De nous-même, nous sommes incapables de la produire. La paix est un don de Dieu. Et les dons de Dieu sont irrévocables.

Quand nous demandons au Seigneur de nous donner sa paix, nous ajoutons qu’il doit la conduire à l’unité parfaite. Le voilà le seul horizon qui doive nous intéresser. L’unité parfaite. Car oui, effectivement, nous humains, sommes bien loin d’être unis. Cependant, nous tendons vers cette perfection, tout en sachant que sans l’aide de notre Dieu, nous n’y arriverons pas.

Le Seigneur ne cesse pas de nous donner la force de construire un monde où sa paix puisse être menée à son accomplissement. En hébreu, le mot paix provient de la racine qui signifie « être terminé », et une des formes du verbe insiste sur la dimension de plénitude, d’accomplissement. C’est bien ainsi, me semble-t-il, qu’il faut comprendre la paix que nous recherchons. La paix c’est la plénitude de Dieu que nous atteindrons au terme de notre vie, quand Dieu rassemblera toutes choses en son Fils.

Depuis les temps des prophètes et jusqu’à nos jours, Dieu ne se lasse pas de nous aider, car il nous aime. Apprenons à nous donner sa paix, apprenons à nous pardonner. Soyons les bâtisseurs de cette unité.

Avec humour, un auteur donne la définition suivante du pardon : « A l’heure où nous écrivons ces lignes, Dieu ne s’est pas encore lassé de le donner aux hommes ».

 

Frère Samuel