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« Moi j’aime pas Noël », dit le Schtroumpf grognon. 

 

Peut-être connaissez-vous quelqu’un qui ne se réjouit pas en ces jours ! On nomme parfois les jours qui entourent le 25 décembre : « fêtes de fin d’année ». Mais il y a bien des hommes et des femmes qui n’ont pas la tête à festoyer. Pensons en premier lieu à ceux qui ne peuvent simplement pas se permettre de tels jours chômés. Fréquemment, c’est pour des raisons économiques. N’oublions pas non plus ceux et celles qui n’ont pas la chance d’avoir un domicile chaleureux, voire n’en ont pas du tout. La pauvreté n’est pas miraculeusement chassée par les jours de fête. C’est juste que, souvent, nous ne la voyons plus.

Il n’y a pas que les difficultés sociales qui peuvent expliquer un certain éloignement de la fête de Noël. Vous qui lisez ces quelques lignes, vous êtes probablement chrétiens. Vous avez foi en Jésus. Vous croyez que Noël c’est l’annonce de cette merveilleuse naissance. Et vos voisins, dans la rue, sur le palier, à l’étage du dessous… y croient-ils ? Le savez-vous ? Peut-être qu’en effet, ce petit enfant dans la crèche les laisse totalement indifférents. Il se peut même, que l’exultation et la joie des autres, les rebutent plus qu’elles ne les attirent. Moi j’aime pas Noël, voilà un refrain qui fait froid dans le dos, mais qu’il faut savoir entendre. A défaut de pouvoir guérir les blessures, et sans chercher nécessairement à convertir, montrons-nous au moins compatissants avec tous ceux qui n’ont pas le cœur à la fête.

 

Voici un poème d’un auteur très sceptique. Il met en doute le miracle de Noël, mais lucide sur sa position, il se dit lui-même incrédule et « paria ».

 

Noël ! Noël ! J’entends les cloches dans la nuit…

Et j’ai, sur ces feuillets sans foi, posé ma plume :

Ô souvenirs, chantez ! Tout mon orgueil s’enfuit,

Et je me sens repris de ma grande amertume.

 

Ah ! ces voix de la nuit chantant Noël ! Noël !

M’apportent de la nef qui, là-bas, s’illumine,

Un si tendre, un si doux reproche maternel

Que mon cœur trop gonflé crève dans ma poitrine…

 

Et j’écoute longtemps les cloches de la nuit…

Je suis le paria de la famille humaine,

A qui le vent apporte en son sale réduit

La poignante rumeur d’une fête lointaine.

 

Alors, petit schtroumpf, toi qui n’aimes pas Noël, pour te faire partager ma joie de ce jour, que veux-tu que je fasse pour toi ? 

Laisse-moi te souhaiter une bonne année, car selon moi, pour toi aussi, une bonne étoile est née.

 

Bon an, bon jour et bonne étrenne

Ma dame, vous soit hui donnée

Au commencement de l’année,

Comme à m’amour très souveraine

Et la plus belle qui soit née.

Bon an, bon jour et bonne étrenne,

Ma dame, vous soit hui donnée.

 

Frère Samuel